La lecture analytique du sonnet 7, faite collectivement par plusieurs groupes d'élèves de la classe

 

Louise Labé est née en 1524 et morte en 1566, c’est une poétesse française célèbre du XVIème siècle, fille d’un cordier,  elle a reçu une éducation plus importante que l’immense majorité des femmes de son époque. C’était une des premières femmes de lettres. Son œuvre exprime la passion amoureuse du point de vue féminin, son amant Olivier de Magny, un poète de la Pléiade, l’aurait abandonnée et ses sonnets expriment avant tout son chagrin. Cependant celui-ci est moins désespéré que d’autres. Ce poème de Louise Labé est un sonnet lyrique en décasyllabes car il parle d’amour à la première personne. Elle y donne en quelque sorte rendez-vous à son amant avec l’espoir de reprendre leur relation. Quelle est la relation amoureuse entre Louise Labé et son amant d’après ce poème ? D’abord nous étudierons l’image de l’amour qui est donnée dans ce poème, puis en quoi il est une supplique, avant de constater qu’il exprime de l’espoir.

Nous nous demandons en premier lieu quelle image de l’Amour donne ce poème.

Pour cela nous étudierons tout d’abord l’aspect vital de l’amour et dans un second temps l’inconstance de l’amour.

  1. L’amour, un sentiment vital

Premièrement, dans ce poème Louise Labé parle  à la première personne en demandant à son âme de revenir. Elle souffre de l’absence de sentiments qui la laissent « pâmée », elle semble préférer la douleur causée par l’amour que son absence. Le thème de l’amour et l’inconstance des sentiments sont des thèmes propres au Baroque. L’Amour est présenté comme quelque chose de vital :  « On voit mourir toute chose animée ».Selon elle l’amour rattache l’Âme au corps : « Lorsque du corps l’âme subtile part ». les deux amants sont présentés comme indissociables : l’un est le corps, l’autre est l’âme, c’est une métaphore existentielle dans laquelle deux êtres n’en font qu’un. En cas de séparation, c’est l’idée de mort qui est là (1er vers)

  1. L’amour baroque : inconstance et passion

Dans un second temps on constate une proximité avec le style Baroque en raison des phrases qui sont complexes et du fait que les sentiments soient changeants. Son âme amoureuse  est décrite comme jadis « cruelle » à présent « favorable ». Le thème Lyrique est aussi une des caractéristiques  du Baroque, il est ici présent sous forme d’apostrophe : « Ô âme bien aimée » qui marque un sentiment exalté. La réflexion sur la vie et la mort de la première strophe peut aussi faire penser à la littérature baroque, qui aborde volontiers des thèmes tragiques. L’ami est vu comme quelqu’un qui peut à la fois faire du bien ou au contraire se montrer cruel : il n’y a pas de demi-mesure, on est dans la passion pas dans la raison.

 

En quoi ce poème est-il une supplique ?

Premièrement nous nous concentrerons sur l’énonciation du poème  pour ensuite étudier l’effet de pitié du poème.

  1. La prière de Louise Labé adressée à son amant

 Tout d’abord dans ce poème, le dernier vers de la première strophe démontre une question, le narrateur supplie  son amour de revenir en lui demandant ou est-il.

Le début du poème reflète plus une supplique que le reste car dans les strophes suivantes l’amour est vu davantage sous un angle favorable.

Ce poème est directement adressé a son amant, la narrateur utilise d’ailleurs des phrases impératives « rends-lui ;Ami ; »

IL y a aussi une ponctuation assez variée avec des points d’exclamation et d’interrogation ce qui démontre davantage le mal être du narrateur. Certains vers commencent par une interjection avec  « Ô » cela renforce le désespoir sentimental et lyrique dans lequel est enfermé le narrateur.

  1. C’est aussi une supplique car il cherche à provoquer la pitié

 Ensuite le poème commence avec une connotation tragique avec « On voit mourir toute chose animée »cela évoque la perte d’un être aimé et le narrateur supplie pour le retour tant espéré de cette personne. « Où es-tu donc, ô âme bien aimée ? »

Le narrateur se demande ou est son âme, celui-ci l’ayant perdue en même temps que son être cher. Il se sent vide et abandonné « Ne me laissez pas si longtemps pâmée ».

L’âme est personnifiée comme étant la personne aimée donc  faisant partie intégrante d’une personne ce qui amplifie le manque de cet amour.

La beauté de cet homme est une personnification car elle la caractérise comme « cruelle ». C’est d’ailleurs rare pour une femme de parler de la beauté d’un homme : elle inverse le sens du discours amoureux conventionnel qui, dans les poésies, parle sans cesse de la beauté de la femme.

Le narrateur utilise des adjectifs qui peuvent se référer à la passion amoureuse « cruelle ; dangereuse « amoureuse »

« Pour me sauver après viendrais trop tard » le narrateur exprime le danger potentiel lié à son absence prolongée et cherche à émouvoir.

 

En quoi ce poème exprime-t-il de l’espoir ?

  1. Un poème plus positif que d’autres dans ce recueil

C’est un poème qui peut paraître plus positif que d’autres. Elle n’en veut pas à son amant comme dans la plupart des autres sonnets, mais elle le valorise : « toi la meilleure part », « ô âme bien aimée », elle l’appelle « Ami », et la majuscule de cette apostrophe est aussi très positive.

Elle veut qu’il lui donne rendez-vous « rencontre et revue amoureuse » : elle imagine donc que leur relation reprend.

Il y a la notion de « sauver l’âme » donc de l’espoir .

L’auteur implore aussi son amant de revenir, elle pense donc que ses paroles ont du poids sur lui « Ne me laissez pas si longtemps pâmée » « ne mets point », « rends-lui » : verbes à l’impératif

 

  1. L’évolution positive du poème

Il y a toujours une transition entre le passé et le présent et entre le mal et le bien. Une évolution positive

« Jadis cruelle, à présent favorable. »

« Non de rigueur, mais de grâce amiable, » Pour ceci l’auteur use d’antithèses : l’aspect négatif est exprimé en premier (cruelle/ rigueur), alors que l’aspect positif ( favorable/ amiable) est exprimé en deuxième. Le coté humaniste ressort bien ici.

 

Il y a une multitude d’adjectifs positifs .

De plus, on aurait dit que l’auteur veut donner quelques conseils amoureux

Comme par exemple « L'accompagnant, non de sévérité, »

 

« Non de rigueur, mais de grâce amiable » etc

 

Pour en conclure, nous pouvons dire que Louise Labé était une femme résolument moderne et en avance sur son temps  en raison de son indépendance dans sa vie. C’est un caractère que l’on retrouve dans son écriture et sa façon d’exprimer les sentiments et c’est d’ailleurs ce qui peut expliquer la présence des caractéristiques baroques du bouleversement.